Bivouac ou refuge ? À première vue, ces deux termes semblent synonymes, mais ils sont différents. En général, ils ne le sont pas, et sur l’Etna notamment, une différence fondamentale existe entre les deux qu’il est essentiel de connaître avant de s’aventurer sur les sentiers. Au premier abord… petites cabanes en bois ou en pierre, fenêtres étroites, espaces cuisine… ils se ressemblent beaucoup. Mais attention ! On ne peut pas toujours utiliser les deux. Nous vous proposons de mieux comprendre ces charmantes structures qui jalonnent les pentes de notre volcan.
Qu’est-ce qu’un bivouac ?
Un bivouac de montagne est une petite structure située en haute altitude, conçue pour offrir un abri aux randonneurs, alpinistes et amoureux de la montagne. Généralement plus petit et non surveillé, il reste ouvert toute l’année, permettant à chacun de l’utiliser en cas d’urgence ou lors d’une excursion de plusieurs jours. Sa fonction principale est d’offrir un lieu sûr pour passer la nuit ou se
protéger des intempéries, telles que la neige, le vent, la pluie ou le froid intense. Les bivouacs sont souvent installés à des endroits stratégiques, le long des itinéraires d’alpinisme ou près des sommets et des cols. Malgré leur aménagement rudimentaire, ils sont meublés simplement : on y trouve généralement des lits superposés, des couvertures, une table et quelques bancs. Parfois, ils ne contiennent qu’un réchaud, des ustensiles de cuisine ou une petite réserve de nourriture d’urgence, mais les randonneurs doivent toujours être autonomes et emporter le nécessaire pour la nuit ainsi que leur propre nourriture.
Utiliser un bivouac requiert un sens des responsabilités et du respect. Il est important de laisser les lieux propres, de ne laisser aucun déchet, d’utiliser le matériel avec soin et de veiller à ce que les randonneurs suivants trouvent l’installation en bon état. Au-delà de sa fonction pratique, un bivouac a aussi une grande valeur symbolique. Passer une nuit en pleine nature, entouré par le silence des montagnes et des panoramas spectaculaires, offre une expérience unique.
Un refuge est-il préférable à un bivouac ?
Un refuge, comme un bivouac, est une structure située en altitude et conçue pour offrir un abri. Les refuges de montagne sont des points de repère essentiels pour les randonneurs, les adeptes des longues marches et les pratiquants de sports de montagne. Certains sont facilement accessibles, tandis que d’autres, situés dans des endroits isolés, ne sont accessibles qu’à pied ou en véhicule adapté.
À l’intérieur d’un refuge, vous trouverez des services de base tels que des chambres ou des dortoirs, des lits, des couvertures, des sanitaires et une cuisine proposant des plats traditionnels locaux. L’atmosphère y est généralement simple et chaleureuse, favorisant les échanges entre personnes venues d’horizons divers et partageant la même passion pour la montagne. Certains refuges sont mieux équipés et font office d’hôtels . Ils sont généralement gérés par un personnel qualifié qui peut vous renseigner sur les sentiers, les conditions météorologiques et les règles de bonne conduite.
Au-delà de leur utilité pratique, les refuges contribuent à la mise en valeur du paysage montagnard et promeuvent un tourisme durable. Ils incitent les visiteurs à respecter l’environnement, à ne pas jeter de déchets et à préserver la faune et la flore locales. De nombreux refuges adoptent également des solutions écologiques, telles que l’utilisation de panneaux solaires ou de systèmes de récupération d’eau de pluie.
Avantages et inconvénients
En résumé, voici les avantages et les inconvénients d’un bivouac :
Il est toujours ouvert
Il est équipé du strict minimum
Il est facile à trouver et à utiliser
MAIS… il ne dispose pas de tout le nécessaire, il peut être déjà occupé et il n’y a pas de personnel.
Quant aux avantages et aux inconvénients d’un refuge :
Il y a du personnel
Il est plus sûr
Il est très bien approvisionné
Il offre des services de meilleure qualité
MAIS… il n’est pas toujours disponible, vous ne pouvez pas l’organiser à votre guise ni à votre rythme.
Bivouac ou refuge sur l’Etna
Il existe plusieurs bivouacs et refuges sur l’Etna. Comme décrit, même sur notre haut volcan, ces structures offrent abri et confort en toute saison. Cependant, elles sont souvent victimes de comportements irresponsables et incivils qui les utilisent mal et laissent les lieux sales, voire dévastés. En raison de ces actes de vandalisme répétés, l’accès à un refuge sur l’Etna est compliqué. Et ce n’est pas toujours garanti. Les rares refuges toujours accessibles sont ceux qui fonctionnent comme des hôtels : Rifugio Giovanni Sapienza, Rifugio Ariel (Etna Sud), Rifugi Citelli, Ragabo et Brunek (Etna Nord). Pour utiliser les autres, il faut demander l’autorisation (et les clés) au Parc régional de l’Etna ou au Club Alpine – CAI, en réservant longtemps à l’avance.
Les refuges de l’Etna, en plus de ceux mentionnés, sont : le Rifugio Paternò Castello, le Rifugio Monte Baracca, le Rifugio Santa Maria, le Rifugio Monte Spagnolo, le Rifugio Monte Palestro, le Rifugio San Giovanni Gualberto et le Rifugio Pietracannone.
Les bivouacs sont : Monte Crisimo, Nave, Monte Gemmellaro, Bivacco Galvarina, Carpinteri et Monte Spagnolo.
Pour des informations plus détaillées et une liste complète de leurs emplacements, cliquez ici : https://unescoparcoetna.it/rifugi/ .
Respect et décence
Les abris et bivouacs de l’Etna sont essentiels à la mise en valeur, à la sécurité et au plaisir de découvrir le plus haut volcan d’Europe. Situés à différentes altitudes sur les flancs de la montagne, ces points d’appui jouent un rôle primordial tant pour les randonneurs que pour les chercheurs travaillant sur le terrain. Ils offrent un abri non seulement contre les brusques changements climatiques qui caractérisent l’Etna, mais aussi en cas d’éruptions ou de projections de matériaux volcaniques tels que les cendres ou les lapilli.
D’un point de vue touristique, les abris constituent une ressource précieuse pour promouvoir un tourisme durable et responsable. Grâce à eux, les visiteurs peuvent explorer en toute sécurité des sentiers d’un grand intérêt naturel et paysager. Les abris jouent également un rôle stratégique lors des activités de surveillance scientifique et des interventions d’urgence. En cas d’éruptions, de séismes ou d’intempéries, ils peuvent servir de bases logistiques aux services de protection civile, aux volcanologues et aux équipes de secours. Leur présence facilite la coordination des interventions et contribue à une réponse plus rapide et plus efficace.
Au-delà de leur utilité pratique, les refuges sont des lieux de rencontre pour des personnes unies par une passion pour la montagne et la nature. Et c’est précisément envers la nature, qui nous nourrit et nous protège tous, que nous devons toujours témoigner du respect. Les actes de vandalisme en montagne sont impensables… c’est comme insulter sa mère ! Même la décence est une forme de respect. Ce que l’on laisse derrière soi devient notre héritage. Laisser un refuge dévasté en dit long sur soi… et ce n’est pas bon signe ! (PHOTOS PAR G MUSUMECI)